Le Dialogue régional sur le financement de l’inclusion des personnes handicapées en Afrique s’est officiellement ouvert le 6 octobre 2026 à l’Hôtel El Doria à Lomé, au Togo. Cette rencontre de trois jours, coorganisée par le Forum Africain des Personnes Handicapées (FAPH) et l’Alliance Internationale du Handicap (IDA), en collaboration avec l’UNICEF, réunit des représentants des gouvernements, des Organisations de Personnes Handicapées (OPH), des institutions régionales et internationales, ainsi que des partenaires techniques et financiers de plusieurs pays africains.
Le dialogue vise à renforcer la réflexion et l’action collectives autour d’une question centrale : Comment l’Afrique peut-elle mobiliser des ressources suffisantes, durables et accessibles afin de garantir l’inclusion effective des personnes handicapées dans les politiques et programmes de développement ?
Lors de la session d’ouverture, les intervenants ont souligné que l’inclusion des personnes handicapées ne peut pas être réalisée uniquement à travers des engagements politiques. Un financement adéquat, une participation accrue des personnes handicapées et une plus grande redevabilité sont indispensables pour traduire les engagements en résultats concrets.
Investir dans l’inclusion, c’est investir dans le développement
En souhaitant la bienvenue aux participants au Togo, le Président de la Fédération Togolaise des Associations de Personnes Handicapées (FETAPH) a souligné l’importance de l’engagement pris lors du troisième Sommet mondial sur le handicap à Berlin en faveur de l’objectif « 15 % pour les 15 % ».
Il a insisté sur le fait que l’inclusion des personnes handicapées ne doit pas être considérée comme une charge financière, mais plutôt comme un investissement susceptible de renforcer la productivité, la participation économique et la cohésion sociale. Les investissements dans des domaines tels que l’éducation inclusive, l’accessibilité et la protection sociale peuvent contribuer à un développement plus équitable et plus durable.
Il a également exprimé sa reconnaissance au Gouvernement togolais, au FAPH, à l’IDA, à l’UNICEF ainsi qu’aux autres partenaires ayant soutenu l’organisation de ce dialogue régional.
Passer des engagements à des actions suffisamment financées
S’exprimant au nom de l’ADF et de l’IDA, le Président du Forum Africain des Personnes Handicapées a souligné que la mise en œuvre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées et du Protocole africain relatif aux droits des personnes handicapées nécessite des ressources suffisantes et durables.
Il a fait remarquer que les politiques qui ne sont pas accompagnées d’un financement approprié risquent de rester de simples engagements sur le papier. Les gouvernements et les acteurs du développement ont ainsi été encouragés à intégrer systématiquement l’inclusion des personnes handicapées dans les politiques, programmes et budgets nationaux, tout en prévoyant des financements spécifiques répondant aux besoins divers des personnes handicapées.
L’importance du principe « Rien sur nous sans nous » a également été fortement réaffirmée, avec un appel à une participation significative des OPH à la définition des priorités, à l’allocation des ressources et au suivi des résultats des investissements en faveur de l’inclusion des personnes handicapées.
L’UNICEF réaffirme son engagement en faveur d’un développement inclusif du handicap
Le Représentant adjoint de l’UNICEF a salué cette initiative et réaffirmé l’engagement de l’UNICEF en faveur de la promotion des droits des personnes handicapées, en particulier des enfants handicapés.
Il a mis en avant les progrès réalisés au Togo, notamment l’élaboration de la Stratégie nationale d’éducation inclusive 2025–2030, le renforcement du cadre juridique de protection des droits des personnes handicapées, ainsi que les initiatives visant à améliorer l’accès à l’éducation, aux soins et à l’insertion socioprofessionnelle.
Dans le même temps, il a souligné que des défis importants subsistent. Une mobilisation accrue des ressources, une meilleure intégration du handicap dans les mécanismes de planification et de budgétisation publiques, ainsi qu’une coordination renforcée entre les acteurs du développement seront nécessaires pour accélérer les progrès.
Il a exprimé l’espoir que le dialogue aboutisse à des recommandations concrètes et opérationnelles pouvant orienter les politiques publiques et les décisions d’investissement à travers l’Afrique.
Le Gouvernement togolais appelle à renforcer les mécanismes de financement
S’exprimant au nom du Ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, le Directeur général de l’Action sociale a souhaité la bienvenue aux participants et réaffirmé l’engagement du Gouvernement togolais en faveur de la promotion et de la protection des droits des personnes handicapées.
Il a rappelé la ratification par le Togo de la Convention relative aux droits des personnes handicapées et du Protocole africain relatif aux droits des personnes handicapées, ainsi que l’adoption de mesures juridiques et politiques visant à renforcer l’inclusion sociale et économique des personnes handicapées.
Il a souligné que le financement reste une condition essentielle pour traduire les engagements juridiques et politiques en une mise en œuvre effective. Une attention particulière a été accordée à la nécessité de renforcer l’intégration du handicap dans la planification nationale du développement, la budgétisation publique, les systèmes de protection sociale et les mécanismes de collecte de données.
Il a conclu en réaffirmant l’engagement du Togo à contribuer à l’effort africain plus large de mobilisation des ressources en faveur de l’inclusion des personnes handicapées, avant de déclarer officiellement ouvert le Dialogue régional sur le financement de l’inclusion des personnes handicapées en Afrique.
